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20 avril 2011 3 20 /04 /avril /2011 22:17

Hôpital : le Classement bidon du Figaro Magazine

 

 

sarkozy-reforme-hopital

 

 

 

Une fois n’est pas coutume, après le classement des lycées, le Figaro Magazine se lance comme chaque année dans le classement des centres de soins sur le territoire national. Un classement qui sonne faux, ne prend en compte qu’un nombre très relatif de paramètres dont l’objectif premier est de servir la réforme injuste voulue par Roselyne Bachelot et le gouvernement. Que signifie le fait de mettre des «bons» et des «mauvais points» alors que dans le même temps, on déstructure notre système de santé?

Dire que l’hôpital de Perpignan est premier pour le traitement des AVC et que St Jean ne tient pas à jour ces dossiers ne changera rien aux problématiques quotidiennes rencontrées par les acteurs du monde de la santé avec en premier lieu les personnels.

 

La loi Bachelot ou l’Euthanasie de l’hôpital public.

 

 

L’ARS remplit parfaitement sa mission d’exécuteur des basses œuvres gouvernementales ! L’hôpital, la sécurité sociale, le système de santé, sont à l’agonie. Ce n’est pas une fatalité, ce n’est pas non plus le résultat de l’incompétence! C’est le résultat d’une politique délibérée, dictée par le MEDEF et la finance, à l’échelle mondiale. Cela ne date pas de 2007. Les premiers coups ont été portés dès les années 80, notamment la loi du 19 janvier 83, qui a certes permis de réduire les dépenses… mais aussi le nombre de lits, et de soignants, alors que la gauche était au pouvoir. Le forfait hospitalier est d’ailleurs l’œuvre du ministre… Claude Evin! Le plan Juppé, en 1996, a accéléré le mouvement des «restructurations». 70 000 lits ont été fermés entre 1992 et 2001, au motif qu’ils n’étaient pas occupés à 100%…

La loi hôpital 2007 (Douste-Blazy et Bertrand) a introduit le mode de financement à l’activité (T2A) et la notion de «convergence» public privé, très favorable au privé, désastreuse pour l’hôpital public. Mais, depuis 2007, la nouveauté est dans la forme. Les réformes commencent à être mises en place avant que les lois ne soient votées. Les lois sont mises en œuvre avant la parution des décrets d’application. Les contrats avec l’Etat engagent tous les signataires… sauf l’Etat, qui change les règles en cours de route! Un exemple: la T2A (tarification à l’activité) fixe un tarif pour chaque acte, et impose à l’hôpital d’augmenter le nombre d’actes pour réduire son déficit. Quand l’hôpital, bon élève, arrive à augmenter son activité, comme l’exige l’ARS, et à réduire son déficit, comme le prévoit le contrat d’objectifs signé avec l’agence… l’ARS baisse les tarifs des actes! Ainsi, même en augmentant son activité, l’hôpital voit son déficit se creuser !

Et c’est là toute l’immoralité de ces réformes. La France était, il y a 10 ans, en tête du classement mondial pour la qualité des soins. L’excellence de l’hôpital public et la sécurité sociale y étaient pour beaucoup, et les français y étaient à juste titre fortement attachés. Comment livrer ce secteur rentable aux appétits financiers des assureurs et des investisseurs dans ce contexte? Facile… il suffit de casser la sécu et l’hôpital public, à coup de réformes, de restructurations, d’économies, de suppressions de lits, de postes, d’objectifs intenables et qui changent tout le temps.

 

Le système de santé doit être basé sur la santé.

 

Il faut changer de paradigme. Un système de santé doit être basé… sur la santé! Aujourd’hui, la course au profit est la première cause de mortalité et de maladies. La santé coûte cher ? Non la santé n’a pas de prix c’est la maladie qui coûte cher, et qui rapporte beaucoup. Ce sont les mêmes firmes qui produisent les produits qui nous rendent malades, et ceux qui soignent!

Les débats actuels sur le nucléaire, les OGM, les pesticides etc… montrent qu’il est nécessaire de révolutionner le système, pour permettre au citoyen d’être un acteur, et un consommateur averti. Il faut une recherche indépendante, objective, fiable. Il faut une formation des soignants déconnectée des firmes, adossée à la recherche indépendante. Il faut un système basé sur une meilleure articulation entre prévention et soin, qui prenne l’humain dans sa globalité, physique et mentale, sur une prise en charge pluridisciplinaire, et plus ouvert sur des thérapies alternatives.

Le système de santé est une affaire sérieuse qui ne doit pas être décliné dans un classement «bidon» même si celui-ci est fait dans un journal de droite. Le système de soins doit se penser avec la population et pour la population. La santé durable, au 21ème siècle, c’est possible, nous devons l’exiger.

 

Farid Mellal

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